La naturopathie est à la fois une science (empirique), un art, une philosophie,… Elle demande au praticien naturopathe des connaissances fortes, mais aussi et surtout un savoir-faire et, le plus important, un savoir-être.

Dans cet article, je vous dévoile, selon moi, les 10 qualités et points d’attention qui vous permettront de savoir si votre naturopathe est bon pour vous, s’il vous apporte ce qu’il vous faut, c’est à dire l’autonomie vers votre santé et votre bien-être. Vous saurez ainsi repérer un bon naturopathe et fuir les mauvais.

1 – Le naturopathe n’est pas médecin, ni naturothérapeute

Le naturopathe n’est pas un médecin, il n’a pas suivi les mêmes études et n’adopte pas du tout la même démarche. Le naturopathe et le médecin sont totalement complémentaires et agissent chacun à des niveaux différents : la médecin diagnostique et soigne la maladie, le naturopathe identifie et accompagne la personne pour rectifier et renforcer le terrain.

Si vous êtes déjà souffrant, votre naturopathe pourra donc éventuellement vous aider à mieux vivre certains symptômes de manière naturelle, non-invasive et sans impact vis-a-vis des traitements et actions médicales. Mais ce n’est absolument pas son rôle premier ! Votre naturopathe est surtout là pour accompagner votre terrain, en adaptant votre hygiène de vie (alimentation, exercice, sommeil, gestion des émotions et du stress,…) et en utilisant si besoin des techniques naturelles pour renforcer le terrain (sophrologie, plantes non-invasives, massages, bains,…).

Si un naturopathe vous vend un remède miracle qui soignera tous vos maux, cela devrait être un premier indice que vous devriez vous en méfier. Le naturopathe ne soigne pas, il ne guérit pas, il accompagne. Il est vrai que dans certains cas, les résultats d’une hygiène de vie adaptée peuvent être spectaculaires, car votre corps est une machine merveilleuse qui sait se rétablir magnifiquement lorsqu’on lui en donne les moyens. Mais le but de la naturopathie n’est pas de soigner, c’est de redonner au corps et à l’esprit ce dont ils ont besoin pour le faire eux-mêmes.

Si vous souhaitez rencontrer quelqu’un qui vous soigne par des moyens naturels pour « remplacer » votre médecin, ce n’est pas au naturopathe qu’il faut vous adresser en premier lieu, mais à un médecin. Certains peuvent se montrer très ouverts aux approches naturelles : médecins homéopathes, acupuncteurs ou médecins naturothérapeutes, par exemple.

2 – Le naturopathe est humain et vous inspire confiance

Votre naturopathe est d’abord un thérapeute, et il connait l’importance de la dimension humaine de ce métier. Il vous écoute, ne vous juge pas, cherche des solutions avec vous et vous accompagne. Vous devez avoir confiance en lui, instinctivement, pour vous confier à lui sur tous les aspects de votre vie qui pourraient influer sur votre terrain et le laisser vous aider à prendre votre vie en main. Vous devez vous sentir en sécurité avec lui et ne pas avoir peur de tout ce qu’il peut vous proposer. Si les atomes crochus ne se commandent pas, ils restent importants dans la dimension sociale et humaine. Pour avoir confiance en un programme d’hygiène de vie, il faut avoir eu confiance en son naturopathe pendant et après la séance.

Si vous n’êtes pas à l’aise avec votre praticien, je vous conseille de trouver un naturopathe qui vous convient mieux, sur le plan humain, tout simplement ! Ne culpabilisez-pas : on ne peut pas plaire à tout le monde, et dans le monde de la santé, aussi, il est question de trouver la bonne personne ! La naturopathie, c’est aussi une question de vision de la vie…

Confiance

3 – Le naturopathe regarde et agit sur votre terrain avant tout

En sortant d’une consultation (initiale ou de suivi), vous devez toujours sortir avec un programme d’hygiène de vie. Celui-ci n’est pas une liste de compléments à acheter ou de recettes à réaliser (bien que certains compléments puissent être utiles à rétablir le terrain, ils ne sont pas une priorité), il s’agit avant tout de conseils à réaliser dans votre vie quotidienne.

Exemples concrets :

  • Bains chaud le soir ;
  • Repas légers le soir, sans amidons ni laitages ;
  • Diminuer l’exposition aux écrans pendant la journée ;
  • Se faire masser (auto-massage, massage par le mari, massage en institut de type « détente » ou cabinet) 1 fois par mois minimum ;
  • Coucher à 22h avec lumière tamisée, extinction des lumières à 22h30 ;
  • Marche à pieds 20 minutes par jour le midi dans le parc à côté du lieu de travail et reprise de la natation 1h/semaine ;
  • Observer (voire noter) ses émotions lors des crises d’addiction à la nourriture ;

Vous voyez, ces conseils sont simples et applicables, ils ne demandent pas d’acheter des compléments ou des ustensiles complexes. Ils agissent sur le terrain en ajustant tout simplement votre hygiène de vie, au quotidien.

Si votre naturopathe ne vous donne qu’une liste de courses qui ressemble à une ordonnance, posez-vous des questions… Agit-il vraiment pour rectifier votre terrain ou est-il en train de jouer l’apprenti médecin naturel ? Si la réponse est la n°2, reportez-vous au point n°1 et restez attentif.

4 – Le naturopathe adapte votre programme à votre contexte

Pas question de vous faire modifier votre vie de A à Z sans se soucier de votre travail, de votre énergie, de votre motivation, de vos contraintes familiales ou de votre état de stress. Le naturopathe doit voir avec vous les priorités, et établir le programme d’hygiène de vie avec vous !

Si votre naturopathe vous propose des conseils que vous pensez durs à réaliser ou à suivre dans la durée ou incompatibles avec certains aspects de votre vie, n’hésitez-pas à lui en faire part. Il est censé comprendre et adapter selon votre contexte. S’il ne le fait pas ou n’accorde pas d’importance à ce que vous lui dites, c’est encore un signe qu’il vaut mieux se méfier. Le naturopathe doit s’adapter à vous et vous donner des clés pour reprendre votre vie en main. Il ne doit pas saboter votre confiance en vous en vous donnant des consignes irréalisables (ou intenables sur la durée).

Coaching

5 – Le naturopathe a une éthique vis-a-vis des compléments alimentaires qu’il vous conseille

Un naturopathe n’est pas un revendeur de compléments alimentaires. Il peut éventuellement s’en servir pour vous aider à soulager quelques maux ou pour renforcer le terrain vers son équilibre (vitamine D, complexes de plantes, tisanes, plasma de Quinton, spiruline,…), mais il doit conserver une certaine éthique vis-a-vis des compléments proposés. Notamment :

  • Il ne doit pas toucher de commission lors de l’achat des compléments (ce qui peut se faire en donnant son nom lors de la commande, en achetant directement dans son cabinet s’il effectue une marge, etc.) ;
  • Il doit rester neutre et indépendant vis-a-vis des marques. Bien sûr, il est normal qu’il connaisse des marques de confiance car il a pu les tester et en apprécier les résultats sur lui-même ou ses clients, mais il ne doit pas vous conseiller une marque aveuglément parce qu’il aurait reçu des cadeaux ou suivi des conférences de cette même marque ;
  • Si les compléments proposés sont chers, cela peut parfois être justifié, mais vous avez le droit de demander à votre naturopathe une justification et/ou une alternative moins coûteuse (il se peut qu’elle soit moins efficace, évidemment, mais tout est question de choix).
  • Si votre naturopathe ne vous conseille que des compléments de la même marque ou si son cabinet est rempli de prospectus venant tous du même laboratoire : vous êtes en droit de lui poser la question du conflit d’intérêt, ou bien de lui demander simplement la nature de ses rapports avec ladite marque.
  • Si votre naturopathe vous indique toujours le même produit-miracle pour toutes les problématiques, méfiez-vous également… On ne peut pas tout soigner avec l’aloe vera, l’argile ou l’argent colloïdal. Si ces produits montrent un intérêt certain dans plusieurs cas, il ne s’agit pas non plus de produits-miracles à vendre à toutes les sauces.

6 – Le naturopathe n’est pas un gourou et ne vous lance pas dans des solutions extrêmes qui ne vous correspondent pas

Votre naturopathe peut être présent sur des réseaux sociaux, en salon ou en conférences, exposer des problématique et des solutions, cela peut d’ailleurs faire partie de sa mission première : la prévention et la promotion de la santé.

Mais un naturopathe n’est pas un gourou, il n’est pas là pour imposer une seule manière de voir la santé ou une seule solution-miracle (produit, régime alimentaire, technique,…). Par exemple, en termes d’alimentation, il y a autant d’alimentation-santé possibles que d’individus.

A titre d’exemple, on m’a souvent demandé si les naturopathes prônaient tous le végétarisme ou le végétalisme. Il me semble que cette confusion ne devrait pas exister : un naturopathe peut être végétarien ou végétalien lui-même, il peut en parler, mais il ne devrait pas indiquer cette alimentation à toute personne se présentant dans son cabinet ! Si cette alimentation peut aider à rétablir le terrain sur un temps donné, il ne peut pas être envisageable de pousser quelqu’un à l’adopter en continu. Il s’agit de choix éthiques, moraux et environnementaux qui appartiennent à chacun. Cette alimentation peut d’ailleurs, dans certains cas, me paraître inadaptée chez certaines personnes dans certains moments de leur vie. Par contre, il est vrai que les naturopathes sont souvent plus ouverts à ce type de décisions (et diminuer ou limiter la consommation de protéines animales est souvent un bon rectificateur de terrain), et qu’ils sont à ce titre très bons conseillers chez les personnes ayant adopté ce type de régime ou souhaitant l’adopter, pour l’aider à respecter un équilibre alimentaire sain.

Si votre naturopathe est un adepte d’un régime particulier, que vous trouvez extrême et qu’il le présente comme le Saint-Graal, méfiez-vous… Les conseils d’hygiène alimentaire qu’il doit vous donner doivent vous correspondre à vous, votre terrain et votre mode de vie. Si votre naturopathe vous impose des solutions-miracles trop extrêmes pour vous, exprimez votre inquiétude et voyez s’il s’adapte à votre demande.

Gourou hippy

7 – Le naturopathe ne vous demande pas de revenir à chaque fois

Se remettre en forme, ça peut prendre du temps. Désapprendre les mauvaise habitudes, comprendre et apprendre les nouvelles, adopter une démarche profonde de changement et apprendre à s’écouter, ça prend du temps. Ça peut même prendre beaucoup de temps. Cela ne veut pas dire que votre naturopathe doit devenir votre béquille à vie. Hormis des terrains particuliers très abîmés, avec des pathologies lourdes à accompagner, ayant besoin d’un soutien fort et sur la durée, il n’est pas normal que votre naturopathe s’accroche à vous pendant un nombre incalculable de consultations. Le naturopathe ne doit pas vous forcer à revenir (sauf peut-être sur les première séances).

Son objectif est de vous rendre autonome vers votre santé, de vous donner les clés qui vous permettront de savoir mieux vivre pour rester en santé au quotidien. Il n’y a donc pas de sens à consulter un naturopathe tous les mois pendant 10 ans.

Le nombre de consultations nécessaires pour atteindre votre objectif (et le conserver toute votre vie !) varie en fonction des individus et des objectifs. Mais aucun naturopathe ne devrait vous forcer à continuer ce travail indéfiniment, et tous les naturopathes devraient être satisfait de voir finir une consultation avec un client qui ne reviendra pas, car cela signifie qu’il a compris la démarche et saura toujours adapter son hygiène de vie au quotidien pour rester en forme.

Si vous vous sentez autonome et sentez avoir atteint votre objectif, pouvoir le tenir dans la durée et avoir compris la démarche, vous pouvez contacter votre naturopathe en lui indiquant vos retours, où vous en êtes aujourd’hui, en le remerciant et en annulant tout rendez-vous futur. Il n’est pas question de rester dans la dépendance de votre thérapeute. Si, au contraire, vous sentez que vous n’avancez pas au fil des consultations, indiquez-le à votre naturopathe et annulez le prochain rendez-vous. Réfléchissez à ce pourquoi vous pensez que cela n’a pas fonctionné (était-ce la bonne personne ? Avez-vous réellement la force, la motivation et le bon contexte pour revoir votre hygiène de vie ? Attendiez-vous autre chose de ces consultations ?).

8 – Le naturopathe ne diagnostique pas et peut vous dire de consulter un médecin. Il n’est pas anti-médecin.

En France, le naturopathe n’est pas habilité au diagnostic (ni au soin, c’est à dire au traitement des pathologies). Si, à force de vous poser des questions, il soupçonne une pathologie qu’il connaît, il doit vous indiquer de consulter un médecin qui devra établir ce diagnostic. Le naturopathe doit connaître ses propres limites. Cela est rare, mais il doit pouvoir être en mesure de vous dire de consulter un médecin, suite à un soupçon ou bien tout simplement parce qu’il atteint les limites de ses compétences. A chacun son domaine de compétences, à chaque thérapeute son champ d’action. Vous n’êtes ni un cobaye, ni un sujet d’expérimentation.

Si votre naturopathe vous indique que vous avez telle ou telle pathologie, méfiez-vous. Il n’y est pas habilité, et surtout il n’y est pas formé. Dans ce cas, consultez un médecin, pour lui parler de ces symptômes. Vous pouvez toutefois consulter un naturopathe en accompagnement d’une pathologie diagnostiquée, tant que vous êtes également suivi par un médecin.

Médecin et patient

9 – Le naturopathe n’utilise pas qu’une seule technique

Le naturopathe est généraliste, il utilise un panel de techniques et regarde l’hygiène de vie dans son ensemble. Un naturopathe ne se focalise donc pas uniquement sur l’alimentation (et n’est pas non plus diététicien) ou ne vous propose pas que de l’hydrologie pour renforcer votre terrain. Il est polyvalent. Il n’exerce pas forcément toutes les techniques proposées, car elles sont nombreuses et complexes, mais il peut en réaliser certaines lui-même (ce qui ne vous oblige pas à réaliser ces techniques chez lui).

Par exemple, un naturopathe peut également proposer des séances de réflexologie plantaire. Dans ce cas, s’il en vient à toujours vous proposer uniquement des séances de réflexologie, méfiez-vous. Et s’il vous en propose, rien ne vous oblige à les réaliser chez lui, vous avez toujours le choix.

Si, sur plusieurs consultations, votre naturopathe ne s’intéresse toujours qu’à un seul aspect de l’hygiène de vie ou ne vous propose qu’une seule technique (l’alimentation ou le sport par exemple), demandez-lui quelle en est la raison : est-ce réellement le seul point sur lequel vous puissiez agir pour rétablir votre terrain ?

10 – BONUS : votre naturopathe a suivi une formation reconnue

Il existe aujourd’hui une multitude de formations de naturopathie, à tel point que l’on pourrait s’y perdre pour savoir quelle formation est pertinente ou non. Sachez que la naturopathie, en France, n’est actuellement pas reconnue comme une profession de santé. A ce titre, tout le monde peut se déclarer naturopathe, et tout diplôme peut porter ce titre, quel que soit le contenu (en qualité et en quantité) de la formation.

Ceci étant dit, il existe des formations de naturopathie, de qualité et reconnues dans leur milieu, comme par exemple les écoles affiliées à la FENAHMAN. Celles-ci vous garantissent un nombre d’heures conséquent et un tronc commun de connaissances validé, ainsi qu’un stage et un mémoire.

Egalement, l’OMNES est une association qui regroupe les naturopathes (adhérents). Elle leur apporte des avantages professionnels (reconnaissance par les mutuelles, etc.), mais elle les oblige également à se former continuellement, au minimum tous les 2 ans. Cela vous donne alors également un gage de qualité concernant votre naturopathe.

N’hésitez-pas à demander à votre naturopathe la formation qu’il a suivi et s’il est adhérent à une association de naturopathes. Si cela vous intéresse, renseignez-vous sur la qualité de cet enseignement.FENAHMANOMNES

photo by: p_a_h

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