Aujourd’hui, le travail, c’est bien trop souvent synonyme de temps perdu, stress, mauvaise paye, pas de reconnaissance, chef odieux, patrons inhumains,… Effectivement, notre société a organisé le travail et les entreprises d’une certaine manière qui inclue un certain nombre d’abus.

Mais le travail, c’est d’abord un moyen pour l’Homme d’évoluer, en tant que personne et en tant que société. Si l’on ne peut pas changer brutalement la société dans laquelle on est, je crois fermement que ce sont les choix du quotidien de chacun d’entre nous qui influenceront la transformation vers le monde de demain. Et dans cet esprit, vous ne pouvez pas changer catégoriquement la manière de fonctionner des entreprises, mais vous pouvez changer votre manière de voir et d’effectuer votre métier. Vous pouvez reprendre en main votre activité professionnelle et la remettre à sa juste place : une place valorisante, pour vous et pour les autres, une place qui participe à votre équilibre et à votre épanouissement personnel, et qui encourage les autres à faire de même.

Le bonheur au travail, c’est possible ! Plus facile à dire qu’à faire ? Probablement, mais si vous n’essayez pas, et si vous attendez que le changement vienne des autres, il est clair qu’il ne viendra pas. Alors, prêts à essayer ? Prêtez-vous au jeu, en suivant ces quelques règles et exercices, qui sont d’abord un état d’esprit à avoir au quotidien.

Make a difference

Retrouver du sens

Environ 500 ans avant J.C., Confucius disait déjà :

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

Il avait raison, le travail est une invention de l’Homme, pour l’Homme. Il nous permet de nous accomplir et d’en tirer la satisfaction de s’être rendu utile, d’avoir un rôle dans la société, une place à soi. Si cette utilité peut être évidente pour des métiers concrets (boulanger, médecin, pompier, professeur des écoles,…), elle est plus difficile à garder en tête pour des métiers dits « abstraits » (ingénieur, commercial, cadre en entreprise, contrôleur de gestion, responsable RH, cadre,…).

Si, par exemple, vous passez votre journée en réunions, vous accumulez des piles de mails non-lus, de comptes-rendus à rédiger, d’actions à établir pour les équipes ou de fichiers Excel à remplir, il est fort probable que vous puissiez sombrer dans un métier sans âme. Et cette âme, il n’y a que vous qui puissiez la réveiller !

Et si vous preniez 10 minutes, juste 10, chronomètre en main, pour améliorer votre productivité à long terme, en effectuant l’exercice suivant :

Exercice 1 :

  • Prenez une feuille de papier, et énumérez les 5 raisons qui vous on poussé à faire ce métier, les concepts qui vous font vibrer : échanges humains, aider les clients, diriger des projets, changer le monde, inventer et créer, simplifier la vie des gens,… Toutes les idées sont permises, tant qu’elles vous font briller !
  • Placez cette feuille quelque part dans votre bureau ou votre lieu de travail, et n’hésitez-pas à revenir y faire un tour régulièrement. Cela vous permettra de toujours rester en phase avec vous-même, avec votre vision de votre métier, avec ce qui est important pour vous. Ce qui est intéressant, c’est que plus vous développez dans votre quotidien votre propre vision de votre métier, plus vous donnerez du sens à ce que vous faites, plus vous le ferez bien, et inspirerez votre entourage et notamment vos collègues à en faire de même. N’oubliez-pas que votre état d’esprit positif, que vous le cherchiez ou non, ça se communique !

Careless

Relativiser

Bien que ce soit plus facile à dire qu’à faire, re-la-ti-vi-sez ! Vous avez été embauché pour une raison : vos compétences, votre savoir-faire et votre savoir-être. Vous savez ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Vous savez ce qui est urgent et ce qui ne l’est pas. Ne cherchez pas à contenter tout le monde, cherchez plutôt à rendre votre activité efficiente, en écoutant votre intuition et votre manière de voir les choses.

Quand on parle de retrouver du sens dans son travail, c’est aussi retrouver du sens dans ses actions du quotidien : ce mail est-il vraiment important ? Les personnes ne savent-elles pas déjà ce que je vais leur dire ? Puis-je déléguer cette action ? Pourquoi et pour qui écrire ce compte-rendu et comment puis-je le rendre concis, pour qu’il prenne moins de temps, pour moi et pour mes lecteurs ?

Cela ne va pas vous plaire, mais n’hésitez-pas à prendre du recul sur l’importance des choses : vous êtes utile, votre métier est indispensable, c’est vrai. Mais, ce compte-rendu va t-il sauver une vie ? Le monde va t-il changer si cette mise en production est retardée d’une semaine ? Relativiser, ça ne veut pas dire ne plus accorder d’importance, il s’agit simplement d’alléger la pression, pour remplacer la contrainte par l’envie et la motivation et permettre des décisions libres, sans se mettre le couteau sous la gorge.

Exercice 2 : 

  • Tous les lundi matin, dans les transports ou en arrivant au travail, répondez aux questions suivantes :
    • Suis-je satisfait de moi-même et de mon métier ces temps-ci ? Quel plaisir ai-je pu éprouver ces derniers temps ? Qu’ai-je apporté ?
    • Qu’est-ce qui me met la pression au travail en ce moment ? Est-ce vraiment important ? Est-ce si grave ? Et dites-vous : « ce n’est pas si grave en fait, je veux surtout le faire pour ma propre satisfaction, c’est donc la motivation qui me pousse à vouloir le faire, ce n’est donc pas grave si tout ne se passe pas comme prévu. »

woohoo

Se féliciter, et féliciter les autres

« Merci », « bon boulot », « On a bien fait avancer les choses »,… Autant de compliments que vous avez l’obligation de transmettre d’abord à vous-mêmes, mais aussi aux autres. Vous le savez, l’atmosphère négative de compétition n’apporte rien au travail, bien au contraire, elle freine les motivations, bloque les actions et contribue au stress grandissant au travail. Montrez-vous motivé et positif, vous attirerez la motivation de vos collègues et l’esprit positif qui illuminera votre journée, votre projet et apportera créativité et travail en équipe.

Si vous avez un métier « abstrait », il est important de régulièrement revenir à ce pourquoi vous faites ce métier, et de vous féliciter dès qu’une action vous a permis de satisfaire ces envies.

Exercice 3 :

  • Tous les vendredi soirs, revenez sur votre liste des raisons qui vous ont poussées à faire ce métier (exercice 1), et si l’une de ces raisons a été satisfaite cette semaine, félicitez-vous (vous avez contribué à changer le monde, vous avez aidé quelqu’un, vous avez apporté quelque chose d’utile à l’entreprise, vous avez eu un échange humain très intéressant,…). Prenez le temps de vous féliciter, de féliciter vos collègues et de faire grandir en vous ce qui vous fait vibrer dans votre métier, pour ne jamais le perdre de vue. Ce temps ne sera jamais du temps de perdu, car il renverra chacun à ses motivations propres et donc ensuite à sa motivation et son ouverture d’esprit pour résoudre les futures problématiques et aller de l’avant.

Breathe, trust, let go

Avoir confiance en son travail

Ruminer, se remettre en question, se sentir impuissant et se demander comment résoudre l’ensemble des problèmes de l’entreprise, voilà ce qui prend du temps ! Ayez confiance, vous êtes compétent, vous savez ce qu’il faut faire car sinon vous n’auriez pas été mis à ce poste, vous êtes au bon endroit, vous n’avez aucune raison se stresser.

Voilà ce qu’il faut vous dire régulièrement, et voilà les messages que vous devriez faire passer à vos collègues. Ayez confiance en vos projets, votre gestion, votre vision des choses, votre équipe, votre chef. Si quelque chose se passe mal, il est toujours bien sûr important de se demander ce qui aurait pu être mieux fait et les bons retours d’expérience, mais il est aussi très important de souligner les bons aspects, les compétences de chacun dans l’équipe et vos qualités à vous. Ne prenez pas tout échec personnellement, vous n’êtes pas votre projet, vous n’êtes pas vos actions. Si le projet se passe mal ou que vos actions sont à la traîne, ce n’est pas vous qui êtes insuffisant.

Exercice 4 : 

  • Au moins 3 fois dans la journée (par exemple en retour de pause-café avec les collègues), asseyez-vous (si possible face à une fenêtre), fermez les yeux ou regardez le paysage, et respirez profondément, une main posée sur votre ventre, en gonflant votre ventre comme un ballon à l’inspiration, et en expulsant tout cet air de votre ventre (version imagée, bien entendu) à l’expiration. Effectuez 10 respirations profondes, sans penser à rien ou, si vous n’y arrivez pas, en vous répétant dans votre tête des phrases positives comme « je suis compétent », « je gère très bien mon activité », « je vais loin », « j’ai beaucoup de qualités »,… Cet exercice vous permettra de lâcher prise et de prendre du recul, tout en permettant à votre système nerveux de passer sur la branche détente et régénération, et de limiter ainsi les effets du stress. Et non, ce n’est pas du temps de perdu, voyez plutôt cet exercice comme du temps de gagné, par l’efficience et le recul que cela va procurer à votre travail.

Repos au travail

Ne pas vouloir en faire trop, s’organiser autrement

Si vous croulez sous les montagnes de mails et que vous ne finissez jamais vos journées avant 19h, il est temps de prendre du recul. Saviez-vous que dans certains pays (Allemagne, Canada,…), partir tard est signe de mauvaise organisation et est très mal vu par la hiérarchie ?

Si vous avez l’impression de sombrer sous les tâches à effectuer, c’est que quelque chose se passe mal, pour une raison ou pour une autre (mauvaise gestion, projet en difficulté, management décalé, ressources insuffisantes, manque de motivation de certains acteurs,…). Prenez le temps de vous reposer, de rentrer chez vous (même si le travail n’est pas terminé) et d’y revenir, frais et disponible dans votre tête, le lendemain matin. Vous verrez alors les priorités, les actions qui peuvent être déléguées.

Vous le savez, vous ne ferez pas mieux votre travail en travaillant 10h par jour. L’organisation au travail, c’est un domaine en pleine évolution. Ce qui fonctionnait hier alourdit bien souvent le fonctionnement d’aujourd’hui. Inspirez-vous des méthodes innovantes, plus agiles, pour gérer vos affaires et vos projets. 

Par exemple, n’hésitez-pas à quantifier votre TODO-List en plaçant ces tâches dans votre calendrier et en leur donnant une durée, ainsi vous pourrez réellement quantifier votre travail, prioriser et vous saurez enfin répondre à la question « tu penses pouvoir faire ça quand ? » autrement que par « ben le plus vite possible, mais je suis débordé, alors j’en sais rien, mais je te fais ça dès que possible ».

Autant de conseils pratiques qui nécessitent du recul sur votre activité. Vous trouverez tout un tas de conseils pratiques innovants sur le blog AnyIdeas.net (et, j’imagine, bien d’autres blogs de cette trempe). Vous pouvez aussi tester des méthodes de gestion du temps telles que la technique Pomodoro, par exemple.

Exercice 5 :

  • Le matin en arrivant au travail, fixez-vous une heure de départ et mettez-vous un rappel 20 minutes avant. Lorsque votre rappel sonne, sauf cas exceptionnel (qui doit rester exceptionnel !), vous devrez alors finir votre action du moment, lister pour le lendemain les actions qu’il vous restent à faire, éteindre votre ordinateur (la planète vous remerciera) et partir. Certains profitent de leur temps de transports pour réaliser cette liste, ce n’est pas une mauvaise idée, tant que vous ne débordez pas à votre arrivée chez vous.

Dire non

Savoir dire « non »

Lorsque l’on vous demande quelque chose, ou pire, lorsqu’on sous-entend que vous le ferez, posez-vous toujours la question : « à part moi, qui m’en voudra si je ne le fais pas (ou pas dans les temps demandés) ? ». Si la réponse est « personne », vous devriez apprendre à dire « non » ou simplement à dire « oui, mais » et poser vos conditions.

Je le répète, vous êtes compétent, et vous savez ce qui est important. Travaillez d’abord pour vous, avant de travailler pour les autres. Faites donc ce qui est utile et vous procurera la satisfaction du travail bien fait, plutôt que ce qui est inutile et qui vous procurera l’insatisfaction d’avoir perdu du temps pour faire plaisir à votre chef. Celui-ci sera bien plus satisfait de voir vos projets fonctionner plutôt que de recevoir un compte-rendu hebdomadaire de 10 pages magnifiquement bien rédigé.

Exercice 6 : 

  • Prenez une feuille de papier, et décrivez les conditions de travail précises qui constitueraient pour vous la limite de votre bonheur au travail : temps de travail par jour, reconnaissance attendue, qualités absentes de votre entourage ou de votre hiérarchie,… Vous avez ainsi une liste de ce que vous refusez catégoriquement dans votre travail. Si un jour, l’une de ces conditions est respectée, vous saurez l’identifier et détecter ainsi la source de votre mécontentement au travail, et vous saurez alors dire non ou à défaut, poser vos conditions.
  • Par exemple, vous pouvez écrire sur votre feuille : « travailler 10h par jour de manière non-exceptionnelle, soit plus de 2 semaines ». Si un jour la situation arrive, vous saurez alors dire : « non, je refuse de travailler plus de 10h par jour si cela devient systématique, je propose de faire cela le temps nécessaire, c’est à dire pendant 2 semaines, ensuite, je diminuerai la cadence pour mon bien et celui du projet, et il faudra alors que nous trouvions ensemble une solution pour que cela reste réalisable, car sinon cela veut dire que le projet a un véritable problème ». Personne ne vous en voudra, pas même votre chef, car vous avez un devoir d’alerter votre hiérarchie de tout problème rencontré, et parce qu’aucun problème ne se résout dans le silence. Tout en étant conciliant avec vous-mêmes, votre équipe et votre hiérarchie, il faut savoir dire « non », pour se dire « oui » à soi-même et permettre à tous d’avancer dans la bonne direction.
photo by: katerha

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